Forêt : Récupération – réattribution illégale des concessions forestières par Claude Nyamugabo, la CNCEIB invite Bazaiba a remettre de l’ordre dans le secteur

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La Coalition Nationale contre l’Exploitation illégale de bois (CNCEIB), est montée au créneau pour inviter la vice-premier ministre, ministre de l’Environnement et Développement durable à remettre de l’ordre dans le secteur de l’environnement. Cette organisation de la société civile fustige la confusion créée par Claude Nyamugabo, alors ministre en attribuant deux blocs forestiers appartenant à la SODEFOR à la société Groupe Service. Il s’agit des blocs forestiers garanties d’approvisionnements (GA) 022/03 et 030/03. C’était au cours d’un point de presse organisé à Kinshasa, le mercredi 25 août.

«Nous demandons à la vice-premier ministre, ministre de l’Environnement de remettre chacune des parties dans ses droits. Car, actuellement, la SEDEFOR paie les taxes sur cet espace forestier et a signé les accords de clauses sociales qui sont en exécution avec les communautés. Le Groupe Service vient de conclure les accords de clauses sociales avec les mêmes communautés, et pourtant les accords de SODEFOR avec ces communautés sont encore ouverts. C’est grave, nous croyons que cette situation crée des conflits au sein des communautés », a déploré Philippe Nzita, secrétaire exécutif de la CNCEIB.

La CNCEIB s’interroge sur la motivation de Nyamugabo à créer une confusion aux conséquences néfastes sur les communautés, d’autant plus que le plan de gestion provisoire de la SODEFOR, a été déposé au ministère en février 2019, ensemble avec les documents faisant partie du cahier des charges pour obtenir les contrats de concession forestière en association avec les clauses sociales. Ce plan de Gestion a été notifié comme validé le 05/07/2019 accompagné de sa grille d’évaluation.

« Nous savons qu’avant de récupérer une concession pour la réattribuer à une autre, il y’a toute une procédure à suivre. Malheureusement, toutes les procédures n’ont pas été suivies parce qu’aujourd’hui la SODEFOR se considère comme détentrice de ce titre forestier alors qu’actuellement il y’a un autre opérateur Groupe Service qui commence à mener des activités sur terrain », s’est inquiété Monsieur Nzita.

À titre de rappel, ces blocs forestiers appartenant à la société SODEFOR avaient fait l’objet d’un blocage par les communautés Bokongo depuis décembre 2009. « Le blocage est né du fait que les Bokongo étant au centre n’avaient connu aucune des limites de leur groupement avec les groupements qui lui étaient frontaliers. Cette déclaration avait empêché la négociation d’une clause sociale pour finaliser le processus de conversion de ces deux garanties d’approvisionnement. Ces deux GA avaient été validées par la revue légale de tous les titres forestiers de la RDC », peut-on lire dans le communiqué.

La CNCEIB invite en effet, Eve Bazaiba à rappeler à l’ordre la société Groupe Service, afin de promouvoir un climat de paix au niveau des communautés locales et des peuples autochtones actuellement en conflit.

« Nous demandons que la commission constituée des principales parties prenantes du secteur soit mise en place pour analyser objectivement les actes de ré-attributions des concessions forestières opérées récemment dans la province de Mai-Ndombe », a rapporté ce communiqué de presse. 

Signalons qu’au sortir de ces assises, la CNCEIB a déposé la pétition du Comité local gestion des communautés locales et peuples autochtones du Groupement de Bokongo contre la Société Groupe Service auprès de la vice primature en charge de l’Environnement et développement durable.