Kinshasa, 9 janvier 2026 (ACP).- L’évacuation sans traitement préalable des eaux issues du nettoyage des corps dans une morgue constitue un risque « grave » pour les nappes phréatiques et la santé publique, a indiqué vendredi à l’ACP le chef de division de l’Environnemental de Kinshasa, en République démocratique du Congo.
«Selon les normes environnementales, les eaux issues du nettoyage des corps en morgue doivent impérativement être traitées avant de rejoindre la nature. Malheureusement, dans plusieurs structures, ces eaux sont évacuées sans traitement préalable, ce qui constitue un risque grave pour les nappes phréatiques et la santé publique», a déclaré Fiancé Kambe.

« Le vrai danger, c’est que les eaux utilisées pour laver les cadavres en morgue, chargées de produits chimiques, sont souvent déversées dans les caniveaux ou dans des puits perdus sans traitement. Ces eaux finissent par s’infiltrer dans le sol et rejoindre les nappes souterraines. Voilà, par exemple, pourquoi certaines personnes se plaignent que l’eau de forage leur pique la peau, elle est contaminée à la source», a-t-il fait savoir.
Il a, par ailleurs, souligné que lors de leur mission d’évaluation des conditions environnementales à l’hôpital général de Ngiri-Ngiri et à l’hôpital Mère et Enfant de Bumbu, Ils ont fait des constats importants concernant la gestion des eaux usées, notamment celles provenant du nettoyage des cadavres en morgue.
« J’ai fait une observation similaire dans ces deux hôpitaux, globalement, les conditions environnementales ne sont pas alarmantes. Il y a cependant quelques petits manquements à améliorer. Les morgues sont généralement bien tenues, mais un point me préoccupe particulièrement, l’acheminement des eaux de nettoyage des cadavres», a-t-il indiqué.
M. Kambe a, en outre, estimé qu’il est urgent de réfléchir aux normes à appliquer, notamment celles du Programme mondial de la santé (PMS), SADEC et autres instances de santé, afin que des eaux usées soit traitée avant leur rejet dans la nature pour éviter la propagation des maladies.
« Cet appel à la vigilance vise à encourager une gestion plus rigoureuse des eaux usées et des déchets hospitaliers, pour préserver la santé des populations environnantes et garantir un environnement plus sain dans les formations hospitalières de Kinshasa », a-t-il conclu. ACP/C.L.





