Le Salon Kasaï du Pullman Grand Hôtel de Kinshasa a abrité, ce mardi 7 juillet 2026, l’atelier d’information, de présentation et de démonstration de la plateforme TRABOIS (Traçabilité du Bois en RDC). Organisée par le Programme de Contrôle de la Production et de la Commercialisation des Bois (PCPCB) avec l’appui du programme Forest Governance, Markets and Climate (FGMC), la rencontre a réuni des cadres et agents du Ministère de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat (MEDD-NEC).
L’atelier visait à présenter le PCPCB et à dévoiler l’architecture, les modules et les fonctionnalités de TRABOIS aux directions centrales et aux coordinations provinciales, en vue de son appropriation et de son déploiement national. Avec près de 170 millions d’hectares de forêts, soit environ 10 % des forêts tropicales mondiales, la RDC porte un enjeu majeur de traçabilité, encadré par le Code forestier (Loi n° 011/2002).
Empêchée, Son Excellence Madame la Ministre de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat était représentée par Madame la Secrétaire Générale, qui a ouvert les travaux en son nom. Dans son mot d’ouverture, elle a rappelé que le patrimoine forestier congolais constitue à la fois une responsabilité et une chance, et que sa préservation exige un contrôle rigoureux et une traçabilité fiable des bois. Présentant TRABOIS comme un véritable instrument de souveraineté au service de la vision de la « RDC, pays-solution », elle a invité l’ensemble des participants à s’approprier l’outil et à formuler leurs recommandations, avant de déclarer l’atelier officiellement ouvert.
Conçue comme une solution nationale, intégrée et évolutive, TRABOIS capitalise sur les acquis de l’ancien système SIGEF. Elle couvre l’ensemble de la chaîne de valeur forestière, de l’inventaire à l’exportation, et permet l’enregistrement des données, leur validation par l’administration ainsi que la traçabilité des volumes et des essences exploitées.
Présentant les résultats de l’étude de faisabilité, le consultant Me. Essylot LUBALA a relevé plusieurs faiblesses organisationnelles : un cadre légal ne couvrant que partiellement la traçabilité, des sanctions peu dissuasives, un personnel de contrôle insuffisant, des postes sous-équipés et des statistiques peu fiables. L’étude préconise le renforcement du cadre légal, la formation des inspecteurs, l’équipement des points de contrôle, ainsi qu’un déploiement par phase pilote avant l’extension nationale. Un financement progressif combinant appui des partenaires, budget de l’État et recettes propres a par ailleurs été recommandé, en cohérence avec la vision de la « RDC, pays-solution ». La démonstration technique de la plateforme a été assurée par la société FENX SASU, ensuite plusieurs récommandations ont été formulées par les participants.
À la clôture des travaux, le Directeur Général des Forêts a salué la qualité des présentations et souligné la convergence entre les constats de l’étude et le processus en cours de réforme de la politique et de la loi forestières, à la veille des consultations professionnelles et provinciales. Il a rappelé l’expertise déjà accumulée par les services de contrôle du Ministère et la complémentarité étroite entre contrôle et traçabilité.
Insistant sur l’impératif de synergie de l’information entre les directions concernées, il a plaidé pour une circulation maîtrisée et validée des données, de l’inventaire à la conservation. Il a enfin appelé à l’élaboration concertée d’une feuille de route précisant les étapes suivantes, ainsi qu’à la programmation de sessions de formation associant l’ensemble des services, en vue du renforcement des capacités des agents.
L’atelier a bénéficié de l’accompagnement de l’Ambassade britannique, de UK International Development et de l’Institut Européen des Forêts (EFI), marquant une étape clé vers un système de traçabilité du bois moderne, souverain et durable.
DANTIC MEDD-NEC





