Le gouvernement congolais renforce son dispositif de lutte contre les atteintes à l’environnement. Réunis en séance interinstitutionnelle de haut niveau, les principaux acteurs publics ont acté la création d’une commission Ad hoc chargée d’évaluer la pollution dans les secteurs des mines et des hydrocarbures.

Placée sous l’autorité de la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle économie du climat, la professeure Marie Nyange Ndambo, cette initiative rassemble la Présidence de la République, la Primature, les ministères sectoriels ainsi que des experts scientifiques. Objectif : apporter des réponses concrètes aux nombreuses alertes liées à la dégradation de l’environnement dans plusieurs régions du pays.

Les provinces du Haut-Katanga, affectées par les activités minières, et du Kongo Central, notamment la zone pétrolière de Moanda, figurent parmi les priorités. Kinshasa n’est pas en reste, avec des défis persistants liés à la gestion des déchets urbains.

« Il est impératif de définir une stratégie nationale de sauvegarde environnementale basée sur des données fiables », a souligné Jean Marie Nyolo Lonema, conseiller à la Présidence. Jusqu’ici, malgré les alertes des structures spécialisées et de la société civile, le pays souffre d’un déficit de données certifiées permettant d’établir clairement les responsabilités.

La nouvelle commission aura donc pour mission d’évaluer scientifiquement les rejets polluants — qu’ils soient gazeux, liquides ou solides — et de produire des résultats incontestables. Ces travaux devraient permettre d’actualiser les normes environnementales, d’améliorer les mécanismes de contrôle et de renforcer les capacités techniques nationales.

Pour les experts, cette démarche s’inscrit dans une urgence nationale. « Il s’agit de répondre à un besoin qui touche toutes les provinces, tout en garantissant le droit à un environnement sain et à la santé », a expliqué la professeure Sikulusimwa Pole Céline. Au-delà du diagnostic, la commission devra également proposer des solutions durables et des mécanismes de réparation en faveur des populations affectées.

Issue d’une décision prise lors de la 80ᵉ réunion du Conseil des ministres sur instruction de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, cette commission se veut un outil stratégique de veille environnementale. Elle sera notamment chargée de l’audit des exploitations, du suivi de leur conformité et de la protection des écosystèmes face aux pressions de l’industrie extractive.

Avec cette initiative, la RDC entend poser les bases d’une gouvernance environnementale plus rigoureuse, à même de concilier exploitation des ressources naturelles et protection des populations.

Cellcom MEDD-NEC