Le pari est tenu. Au terme de trois journées d’arbitrage technique conduit sous l’autorité de Madame la Secrétaire Générale à l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat, au nom de Son Excellence Madame la Ministre Marie NYANGE NDAMBO, la retraite consacrée à la révision de la Loi n° 011/2002 portant Code forestier s’est achevée ce vendredi 15 mai 2026 au Jardin Botanique de Kisantu. Le draft zéro consolidé du projet de Code forestier révisé, fruit d’un travail collectif des experts du Ministère de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat, des professeurs d’université, des organisations de la société civile et des personnes ressources des principales parties prenantes, est désormais prêt à être transmis aux instances institutionnelles compétentes.

En ouvrant la retraite trois jours plus tôt, Madame la Secrétaire Générale avait fixé quatre objectifs structurants : clarifier et sécuriser le cadre juridique, intégrer les mécanismes de financement climatique — en particulier le marché du carbone, renforcer la gouvernance et la transparence dans l’attribution et la gestion des concessions, et garantir un partage équitable des bénéfices issus de l’exploitation des ressources forestières. Le draft zéro adopté à Kisantu apporte des réponses concrètes à chacun de ces objectifs.

La première journée, mercredi 13 mai, a été consacrée à l’analyse et à l’adoption des amendements issus du document de 2020, 2026 et 2026 bis. À partir de la présentation de leur économie générale par la Cellule de révision, les participants ont conduit un examen approfondi, disposition par disposition, des modifications proposées. La séquence a permis de stabiliser plusieurs orientations structurantes héritées de cette première vague d’amendements et de les intégrer au corpus de travail consolidé.

La deuxième journée, jeudi 14 mai, a porté sur la poursuite de l’examen des amendements, dont les enjeux ont fait l’objet d’échanges nourris entre cadres techniques, experts académiques, représentants de la société civile et partenaires techniques et financiers. Cette session a permis d’actualiser le texte au regard des évolutions récentes du secteur, en particulier en matière de gouvernance forestière, d’articulation avec les mécanismes REDD+, de prise en compte des droits des communautés locales et peuples autochtones pygmées, et d’alignement avec les engagements internationaux souscrits par la République Démocratique du Congo.

La troisième et dernière journée de travaux, vendredi 15 mai, a été consacrée à la finalisation de l’ensemble des amendements antérieurs, dans une logique de cohérence et de complémentarité entre les trois séries successives. Ce travail a permis de combler les lacunes résiduelles identifiées au fil de la retraite et d’ouvrir l’espace nécessaire à l’intégration des thématiques émergentes que les parties prenantes ont versées au secrétariat technique pour analyse, adoption et intégration ultérieures. Avant la clôture, les professeurs d’université présents ont présenté en plénière les principales thématiques émergentes, ouvrant des discussions nourries au terme desquelles plusieurs recommandations ont été formulées et intégrées au texte. Les travaux ont ainsi abouti à l’adoption finale du dispositif, scellant le consensus technique recherché.

Le draft zéro est livré. Le parcours institutionnel commence. Dès les prochaines semaines, le texte sera présenté au Conseil Consultatif National des Forêts (CCNF) pour première saisine et lancement officiel des consultations, avant d’être soumis aux consultations sectorielles à Kinshasa — services techniques, organisations de la société civile, secteur privé, peuples autochtones pygmées, universités et partenaires techniques et financiers — puis aux consultations provinciales et de collèges consultatifs dans les provinces. Suivront une retraite de consolidation des contributions, un atelier national de validation par les parties prenantes, une seconde réunion du CCNF pour validation finale, puis la transmission par Madame la Ministre au Conseil des Ministres et, in fine, à l’examen parlementaire. À chaque palier, l’ambition portée à Kisantu devra être confirmée : doter la République Démocratique du Congo, « Pays solution » face aux défis climatiques mondiaux, d’un Code forestier à la hauteur de ses forêts, de ses engagements internationaux et des aspirations de ses populations.

DANTIC MEDD-NEC